Installazione, 1997 rete per uccelli in un solo pezzo, filo di ferro dim. variabili
Coinvolto e compromesso nella fenomenologia delle installazioni, o meglio degli "ambienti" di Figini, il visitatore, come accadde con la grande rete sospesa ed autoavvolgente (m 16 x 14) alla recente mostra al Musée des Beaux-Arts di La Chaux-de-Fonds, viene assediato da emozioni multiple e simultanee. Infatti, per la sovrapposizione delle reticelle finissime - un gioco di trasparenze e semitrasparenze - la sua percezione visiva si rivelerà discontinua, precaria: ha smarrito la facoltà della focalizzazione, per cui cose, spazi, tempi hanno perso solidità, consistenza, perfino presenza. Resterà avvolto in un sogno di cose, in un gioco dell'irrealtà. (Guglielmo Volonterio, 1997)
De toute autre nature était l'installation que Figini a réalisée ce printemps au Musée des beaux-arts de La Chaux-de-Fonds pour l'exposition dimensions de la modernité au Tessin; transparente, aérienne elle était faite d'un seul filet de fibre synthétique déroulé et suspendu à des fils métalliques à travers la salle, de manière à former une succession de plis creux, amples et arrondi, effleurant à peine le sol et relevé aux extrémités comme des hamacs. Dématérialisée, l’œuvre était pénétrable de part en part, non seulement visuellement, mais physiquement, et semblait prendre à ses rets l’espace et la lumière pour leur donner corps.
Or c’est avec étonnement que j’ai constaté dans ces travaux, l’un déjà ancien, l’autre récent, le même archétype formel, que l’on retrouve d’ailleurs dans d’autres œuvres de Figini, la coque et le fuseau, dont l’ambivalence plastique et métaphorique me devenait du même coup évidente ; dans leur présence close, inerte et déjetée, par exemple, les quatre formes des contes d’un passeur de rivière suggèrent ou appellent l’élément fluide dont elles sont définitivement privées alors que les plis ouverts et souples du filet sont comme les réceptacles de corps à venir. Ainsi le rapprochement de ses deux œuvres si différentes en apparence, dont l’une est en réalité le double inversé de l’autre, induit une dialectique de l’ambivalence, celle du plein et du vide, de l’ouvert et du fermé, de solide et du fluide, de réceptacles et de l’empreinte dont on peut légitimement penser dès lors qu’elles sous-tend l’ensemble des travaux de l’artiste. Et de ce point de vue, l’œuvre constituée de boyaux gonflés et suspendus, me paraît significative et centrale, bien qu’elle se différencie formellement des œuvres qui la précèdent et qui la suivent ; en effet, elle extériorise ce qui d’ordinaire est intérieur et caché, les entrailles. C’est l’air, le vide qui donnent aux boyaux leur volume et leur dimension ; suspendus ils se prolongent en reptation sur le sol ; ni rigides ni mous, ni opaques ni transparents, ils déploient un rideau fragile et lumineux que l’on se retient de traverser. Si, à ce point, m’écartant de l’approche descriptive et concrète des œuvres, j’essaie de les relier à l’art contemporain, c’est à une autre femme que je pense, à l’artiste germano-américaine Eva Hesse morte en 1970. Avec elle, Luisa Figini partage cette tendance à l’ambivalence des propositions, c’est-à-dire la volonté de faire coexister ce qui s’oppose, mais aussi le goût des matériaux émotionellement suggestifs dont elles exploitent les qualités intrinsèques, enfin un certain usage post-minimaliste de la sérialité. Edmond Charrière, juin 1997 X chiudere |

